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30 décembre 2010 4 30 /12 /décembre /2010 11:58

 

Entretien avec ... Etienne Perruchon

Compositeur de DOGORA

  

  Photo-Perruchon-B.JPG

 

Monsieur Etienne Perruchon est le compositeur de Dogora, oeuvre qui a remporté un immense succès lors du premier concert donné au Théâtre Luxembourg de Meaux le 21 novembre 2010.

Nous donnons à la fin de cet article une biographie de ce compositeur éclectique et imaginatif.

Monsieur Etienne Perruchon a bien voulu nous accorder un entretien à l'intention de tous les amis du Festival de Musique de Claye-Souilly et "fans" de Dogora.

Monsieur Perruchon nous a confirmé sa présence le 30 janvier 2011 à Villeparisis.

Nous l'en remercions très chaleureusement.

 

 

Etienne Perruchon, vous êtes l'auteur d'une oeuvre qu'on peut qualifier de magistrale, que la France découvre peu à peu et qui vous donne une place prépondérante parmi les compositeurs contemporains. Acceptez-vous cette entrée en matière ?

 

Bigre ! Je n'ai jamais imaginé tenir une place dans le paysage de la musique dite contemporaine. Je me sens un compositeur "de mon temps". J'essaye simplement d'être en phase avec mes contemporains, de comprendre mon époque, d'absorber tout cela, comme une éponge et d'en sortir une musique qui à la fois me ressemble et puisse parler aux autres.

 

 

Les concerts  Dogora se multiplient en France malgré les contraintes de qualité que vous imposez fort justement. Ne craignez-vous pas d'être "phagocyté" par cette oeuvre et celles qui sont dans la même lignée comme Tchikidan et Skaanza,  un peu comme un acteur qui finit par être marqué par un rôle majeur ?

 

Je ne crains rien de mes oeuvres dogoriennes, au contraire je les revendique comme une identité.Vous savez, si on ne retient que ce répertoire dans toutes mes œuvres cela me convient parfaitement, car c'est là exactement que je me sens bien. Avec Dogora, Tchikidan et Skaanza, j'ai vraiment le sentiment d'être parfaitement libre dans mon écriture.

 

 

Vous êtes un compositeur éclectique et imaginatif avec, à votre actif, de nombreuses musiques de films, musiques de scène, chansons, etc. Quel est le genre musical que vous n'avez pas encore exploré ?

 

C'est vrai que j'ai à peu près tout "exploré" comme vous dites, mais j'ai une préférence pour tout ce qui se rattache au spectacle musical : opéra, comédie musicale, mélodrame etc ... j'aime raconter quelque chose, j'aime que ma musique serve une narration. Cela semble pourtant contradictoire avec cette langue inventée qu'est le dogorien qui ne raconte rien justement !

 

 

La publicité de Vinci, le pont humain, avec un accompagnement musical tiré de Dogora, est dans toutes les mémoires (*). Avez-vous été sollicité et êtes-vous tenté d'accompagner d'autres spots publicitaires ?

 

Oui j'ai eu d'autres sollicitations que j'ai refusées. Pour Vinci, c'est ce film et l'argument qui m'ont séduit : "Les plus grandes réussites sont celles que l'on partage". Cela me plait, je trouve cela conforme à l'idée que je me fais de Dogora : une oeuvre à partager universellement.

 

 

Combien de concerts Dogora a-t-on donnés en France à l'heure actuelle ?

 

Nous estimons que plus de 20 000 choristes ont déjà chanté Dogora en France depuis 2005.

 

 

Et avez-vous une estimation du nombre de spectateurs qui ont assisté aux concerts Dogora depuis la création de l'oeuvre ?

 

D'après nos calculs, plus de 100 000 spectateurs ont entendu cette oeuvre en concert. D'y penser, cela me bouleverse...

 

 

Quand verra-t-on Dogora sur une grande scène parisienne ?

 

Ah ! jouer à Paris ! ... J'y travaille. Il faut encore patienter un petit peu !

 

 

Et à l'étranger ?

 

Cette année, Dogora a été joué au Maroc et nous sommes en train de construire des projets avec l'Asie et l'Amérique centrale.

 

 

Tchikidan est une suite de Dogora. On y retrouve les thèmes et le rythme de Dogora avec une préférence donnée aux voix d'enfants. Quelles autres différences peut-on relever entre les deux oeuvres ?

 

Dans Tchikidan, les voix d'adultes n'interviennent que dans le final et sous une forme particulière puisque c'est le public qui chante. D'autre part dans cet opus, il n'y a pas de passages instrumentaux comme dans Dogora. Tout est chanté et les solistes sont des enfants.

 

 

Pouvez-vous nous dire quelques mots sur le dernier opus que vous avez achevé récemment dont le nom est Skaanza ?

 

Je suis très excité par cette nouvelle oeuvre. Tout d'abord, comme dans le final de Tchikidan, le public chante. C'est écrit dans la partition, donc le concert doit commencer par une répétition du public. Et puis j'ai voulu cette oeuvre délibérément fédératrice. Pour cela, j'ai conçu deux versions des parties de choeur : la première est écrite pour choeur mixte  et choeur d'enfants, la deuxième version est écrite pour voix de femmes, voix d'hommes et voix d'enfants égales, sans harmonisation. Je souhaiterais que Skaanza soit montée avec des foules de chanteurs n'ayant pas l'habitude de la pratique chorale. Par exemple chez moi, nous allons monter des "chorales" dans des entreprises, des clubs sportifs, des associations, partout où des gens vivent ou travaillent ensemble. Ainsi, ils seront réunis pour un seul but : chanter ensemble. À la fin, ils se retrouveront tous pour un immense concert.

 

 

Prévoyez-vous d'autres oeuvres dans la même lignée ?

 

Oh oui !! J'ai encore tellement de musique à inventer..

 

 

Vous êtes un précurseur dans de nombreux domaines. En cherchant à faire participer le public à vos concerts, peut-on dire que vous créez un concept de spectacle "interactif" ? Et quelles sont les limites d'un tel concept ?

 

Je n'ai pas le sentiment d'avoir créé un concept, juste de la musique à partager. Les limites sont fixées par l'oeuvre. J'essaye, dans mon écriture, que la participation du public puisse se faire de façon naturelle et agréable. Cette envie de faire chanter le public vient d'un double constat. D’une part, les gens aiment et ont envie de chanter. Cela éveille en chacun des émotions parfois enfouies qui nous rendent plus sensibles. D'autre part ce "dogorien" rend ma musique vraiment universelle et partageable. Je me rends compte que cela est très fédérateur de tous se retrouver autour du dogorien.

 

 

Les paroles de Dogora s'inspirent principalement de consonnances slaves. Avez-vous une raison particulière d'être attiré par les pays d'Europe centrale ?

 

Dans ma famille il y a un joyeux mélange d'Europe centrale, d'Italie et de Mongolie. Et puis mes parents avaient une troupe de théâtre qui adaptait les contes Russes. J'ai baigné toute mon enfance dans la musique de Prokoviev, Tchaïkowsky, Stravinsky, Rimski Korsakov etc ... je suis donc imprégné de tout cela et forcément, ça s'entend !

 

 

C'est la vision de scènes de rue au Cambodge qui a inspiré Patrice Leconte pour faire le film "Dogora, ouvrons les yeux". Est-ce la preuve de l'universalité de Dogora ?

 

Quelle émotion quand Patrice Leconte m'a proposé ce film. Ma musique a permis à ce grand cinéaste d'exprimer des sentiments universels en effet. Je suis ému que ce soit DOGORA qui ait provoqué cela.

 

 

Une longue complicité vous lie au cinéaste. Avez-vous d'autres projets communs sur des thèmes "dogoriens" ?

 

Pour le moment nous travaillons sur des projets "non-dogoriens". Nous sommes en train de faire une comédie musicale en cinéma d'animation. Un projet fou et ambitieux qui nous exalte.

 

 

La "Dogoramania" a gagné notre région: le concert du 21 novembre 2010 a fait salle comble au Théâtre Luxembourg à Meaux comme ce sera le cas à Villeparisis le 30 janvier 2011 (et une fois n'est pas coutume, Roselyne Bachelot n'aura pas suffisamment de vaccins pour lutter contre ce virus).

On vous a vu très proche des musiciens, chanteurs et du public notamment lors des concerts donnés dans votre région, en Savoie.

Pensez-vous "communier" de la même façon avec le public de Seine-et-Marne en vous mêlant au public, en distribuant des autographes ou d'une autre manière ?

 

Chaque concert est un moment d'émotion. J'ai beaucoup de respect et d'admiration pour tous ceux qui organisent des concerts de Dogora et pour ceux qui viennent écouter cette oeuvre. La moindre des choses est d'être humblement reconnaissant et donc de partager la joie du concert avec vous.

 

 

De toutes vos créations et compositions passées, quelle est celle que vous préférez ?

 

Je dirais Dogora bien sûr car son parcours est incroyable, mais il y a beaucoup d'autres oeuvres pour lesquelles j'ai de la tendresse.

 

 

Avez-vous des projets à long terme ?

 

Bien sûr, je suis en train d'écrire un spectacle musical basé sur mon répertoire dogorien. Cela devrait voir le jour à l'automne 2012. je croise les doigts. Et puis d'autres projets de commandes d'oeuvre pour le théâtre musical.

 

  

Et pour finir, Etienne Perruchon, êtes-vous un homme heureux ?

 

Je suis comblé !

 Propos recueillis par Pierre Caspar 

 

(*) Pour voir ou revoir cette publicité, cliquez ICI

(doublie-cliquer sur l'image pour une vision "plein-écran ")

 

 

 

Etienne PerruchEtienne-Perruchon.jpgon (né en 1958) a composé un grand nombre d’oeuvres appartenant à des genres aussi différents que la musique de film, la musique de scène, la musique symphonique, ou la chanson.

Depuis 1981, date de sa première commande, il a signé la musique de nombreuses pièces de Théâtre, dont plusieurs mises en scène par Charlie Brozzoni « La grande Parade au cabaret de l’Ange Bleu », prix du « off » à Avignon en 1995 et « Éléments moins performants » de Peter Turini. Dans les mises en scène d’André Engel, deux pièces de Georg Buchner « Woyzeck », « Léonce et Léna » pour laquelle Etienne Perruchon a obtenu le Prix du Meilleur Compositeur de musique de scène du Grand Prix de la critique 2001/2002.

En 2004, il a composé et créé un opéra, « le géant de Kaillass » d’après un livret de Peter Turini ainsi que la musique du « Menteur » de Corneille avec Denis Podalydès à la comédie Française dans une mise en scène de Jean-Louis Benoît.

 

Patrice Leconte découvre « Dogora » et décidPerruchon-Leconte.jpge d’en faire un film musical et impressionniste sorti le 10 novembre 2004. Etienne Perruchon se verra décerné le « Mozart de 7ème art » au festival d’Auxerre pour la musique de ce film.

En 2005 il rencontre le Brass Band des Savoie, dirigé par Martial Renard, pour qui il écrit « la petite suite de Dogora » et une version complète de « Dogora » pour concert. Cette même année, Patrice Leconte lui confie la composition de la musique des « Bronzés 3 ». Il compose toute la musique du spectacle musical "La Goutte au Pépère" de et avec Richard Gotainer (octobre 2004 au Théâtre du Temple).

Etienne Perruchon vient de terminer l’écriture d’un nouvel opéra « Pinocchio » sur un livret de son épouse Jeanne Perruchon d’après la célèbre histoire de Carlo Collodi.

Sa complicité avec Patrice Leconte continue à travers des collaborations pour le cinéma (« La guerre des Miss », « Vison pékin ») et le théâtre (« Grosse chaleur »).

En 2009 le Musée Historique de Jérusalem et la société Skertzo lui ont confié la composition de la musique du nouveau spectacle permanent du site historique de « La Tour de David ».

Il travaille actuellement à l’écriture d’une comédie musicale pour un film d’Animation qui sera réalisé par Patrice Leconte d’après le roman de Jean Teulé « Le magasin des suicides ».

Son épopée dogorienne continue avec deux nouveaux opus : TCHIKIDAN et SKAANZA.

 

Créations récentes et prochaines créations :

Un Pied dans le crime. Musique de scène pour la pièce d'Eugène LABICHE mise en scène par Jean-Louis BENOIT avec Philippe TORRETON et Dominique PINON. En tournée dans toute la France jusqu'au printemps 2011.

Libretto. Pour trombone solo et Brass Band. Dédié à Fabrice Millischer.

 

Récompenses et nominations :

Le Syndicat Professionnel de la Critique Dramatique et Musicale lui a attribué le Prix du Meilleur Compositeur de Musique de Scène 2002 pour Léonce et Léna.

"Mozart du 7ème art" au Festival Musique et Cinéma d'Auxerre pour Dogora en 2004.

 

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Vous pouvez consulter tous les articles parus sur ce blog relatif au concert DOGORA  du 21 novembre 2010 au Théâtre Luxembourg de Meaux :

 

Dogora I,  Présentation - l'affiche - le compositeur   -   cliquez ICI

Dogora II,  l'histoire - le "dogorien" - le film de Patrice Leconte  -  cliquez ICI

Dogora III,  l'orchestre - les solistes - les choeurs   -   cliquez ICI

Dogora IV,  le programme - l'A.V.A.C.S. - les remerciements  -  cliquez ICI

Dogora V,  Epilogue  - Témoignages  -  cliquez ICI

Entretien avec Jean-Michel Henry, chef d'orchestre  -   cliquez ICI 

 

 

Rappel

Le prochain concert "DOGORA"

du 30 janvier 2011 à Villeparisis est complet 

 

  

  Retour sur la page "Dernières Nouvelles", cliquez ICI

 

 

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Published by Pierre Caspar
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