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16 juillet 2007 1 16 /07 /juillet /2007 19:20

   

La musique chinoise
    

   
La musique instrumentale, plusieurs fois millénaire en Chine, servait à accompagner les fêtes, les cérémonies de mariage et d’obsèques, les divertissements populaires, les cérémonies de la Cour ou du mandarinat et les activités religieuses. Elle s’est développée par le chant, la danse, les contes et ballades chantés et le théâtre.

De la combinaison des instruments, du programme et du style d’interprétation émanent divers types de musique instrumentales : solo, polyphonie ou ensemble instrumental. Sur l’immense territoire de la Chine, la différence régionale d’un même genre musical ainsi que les coutumes ont permis la création de plusieurs écoles à différentes périodes.

A l'époque moderne et contemporaine, les musiciens chinois n'ont cessé de mettre à jour, de modifier et d'adapter les morceaux de musique traditionnelle et d'en créer de nouveaux. Par ailleurs, la réforme des instruments de musique a obtenu d'importants succès en unifiant les étalons sonores, en améliorant le timbre de certains instruments, en accroissant le volume du son et en facilitant la modulation.            
   

Instruments de musique chinois

 

Les instruments de musique chinois remontent à des temps forts anciens. Les résultats des fouilles archéologiques montrent que de nombreux instruments de musique firent leur apparition il y a au moins deux mille ans.
Les instruments de musique anciens avaient généralement une double fonction. Ils servaient à la fois d'instrument de travail ou d'usage courant et d'instrument de musique. Ils servaient aussi probablement à transmettre des messages, comme le signal d'expédition donné par le tambour, la retraite des troupes notifiée par le battement de gong en bronze et l'heure donnée par la cloche ou le tambour.
Dans l'histoire des instruments de musique chinois, les instruments à archet apparurent beaucoup plus tard que les instruments à percussion, à vent et à cordes pincées. Selon la documentation, un instrument à cordes frottées par une lamelle de bambou fit son apparition sous les Tang (618-907) et un instrument à archet tendu de crin de queue de cheval apparut sous les Song (960-1279). Sur cette base, divers instruments de musique à cordes frottées se développèrent à partir de la dynastie des Yuan (1206-1368).
Après la fondation de la République populaire de Chine en 1949, les musiciens chinois ont obtenu de nombreux succès en étudiant et réglant les problèmes existant dans les instruments de musique traditionnels : la sonorité impure, les étalons sonores non unifiés, le déséquilibre du volume du son, l'incommodité de la modulation, la non-unification du critère de la hauteur du son entre les instruments de haute sonorité définie, l'insuffisance des instruments de musique de sonorité moyenne ou basse dans l'orchestre.
      
Instruments de musique à cordes frottée
Ces instruments donnent un son mélodieux, chantant et fortement expressif. De haute technicité et de niveau artistique élevé, ils sont largement utilisés en solo, en polyphonie, en ensemble instrumental et en accompagnement.
Ils ont en général deux cordes, dans certain cas quatre. La plupart ont une caisse de résonance tendue de peau de serpent (boa) ou de peau d'agneau et, dans des cas plus rares, de planche de bois.
Les instruments à cordes frottées typiques sont le erhu (violon à deux cordes appelé également huqin qui occupe une place centrale dans l’orchestre moderne chinois), le jinghu, le zhonghu, le gaohu, le banhu et le matouqin (viole à tête de cheval).
  

Erhu (violon chinois)       

 

erhu.jpg

 
Le ehru est l'un des plus importants instruments à cordes frottées. Il date de mille ans environ. Il est formé d'une caisse de résonance en bambou ou en bois, tendue de peau de serpent à une extrémité de la tige, de deux cordes frottées par un archet à crin de queue de cheval.
Grâce à son timbre mélodieux, le erhu sert non seulement à accompagner la musique vocale et instrumentale, mais aussi à se produire en solo à partir du XXe siècle. Depuis le milieu du XXe siècle, l'art d'interprétation soliste du erhu s'est développé rapidement, les techniques d'interprétation et la composition musicale se sont enrichies et la construction de l'instrument s'est améliorée    

 

Une démonstration de ehru  
cliquez sur : 
http://www.youtube.com/watch?v=lcFfqmGVoLU

 


Instruments à cordes pincées ou frappées

Les instruments à cordes pincées chinois sont de deux types : horizontaux ou verticaux. Le premier type comprend le zheng (demi-cithare à 13 ou 16 cordes), le guqin et le le yangqin (cymbalum ou tympanon : adaptation chinoise de la cithare persane ou autre type arabe du XVIe s.). Le second type comprend le pipa, le ruan, le yueqin, le sanxian, le liuqin et le dombra. Le joueur pince les cordes en utilisant de faux ongles ou un plectre.
En général, les instruments à cordes pincées donnent un son perçant et un timbre étincelant. Ils sont plus aptes à marquer le rythme, mais ils ne peuvent pas modifier l'intensité du son de manière notable. Ils donnent un excellent effet dans l'exécution du son harmonique et ils peuvent exécuter, sauf l'instrument à une corde, le son double, l'accord et le saut d'intervalle.

Yangqin (tympanon)      

 

yangqin.jpg

    
Cet instrument de musique à cordes frappées par deux baguettes en bambou donne un timbre clair et éclatant. Il est utilisé souvent en accompagnement et aussi en orchestration et en solo.

Un certain nombre de cordes en acier sont installées sur la table de résonance en bois dur et en forme de trapèze. Le corps est posé horizontalement sur un support. Le joueur frappe les cordes d'acier par deux baguettes de bambou dont la vibration donne un timbre argentin. Il peut exécuter plus de deux groupes de sons. Ces dernières décennies, le yangqin n'a cessé d'évoluer, en agrandissant la table de résonance et accroissant le nombre des cordes, ce qui a augmenté le volume et le diapason. L'instrument est désormais capable d'exécuter 4 groupes de sons de 12 demi-tons et de moduler.

 

Une démonstration de yangqin solo 
cliquez sur :  http://fr.youtube.com/watch?v=9hUquZEuH14
    
   
Ruan (guitare à 4 cordes)

ruan.jpg

  
Cet instrument à cordes pincées évolué sur la base du pipa de la dynastie des Han (206 av. J.-C.-220) fait souvent partie de l'orchestre chinois.
Le ruan est formé de la volute, du manche et de la boîte de résonance, à quatre cordes. La boîte de résonance est ronde et ses tables de résonance dessus et dessous sont légèrement concaves. L'instrument a 24 grades rangés selon les 12 notes de la gamme chromatique. Le joueur pince l'instrument avec un plectre.

Il y a trois variétés de ruan : grand, moyen et petit. Le ruan grand et moyen est d'usage courant. Cet instrument donne un timbre épais, doux et poétique. Dans l'orchestre national, il contribue à rendre plus nourri l'effet sonore des instruments à cordes pincées. 

 

Une démonstration de ruan solo 
cliquez sur : 
  http://www.dailymotion.com/video/x1o9te_ruan-guitar_music

   
Le pipa (cithare piriforme à quatre cordes)    
  

Le-pipa.jpg

     
C’est un instrument important de la musique chinoise. Il est utilisé en solo, en orchestration et en accompagnement.
Il fit son apparition sous sa forme rudimentaire il y a 2000 ans et connut d'incessantes améliorations.
Le pipa est formé d'une caisse de résonance piriforme, tendue d'une plaque de bois de paulownia, de quatre cordes accordées à la quarte et à la quinte et d'un manche recourbé vers l'arrière. Le musicien pince les cordes avec les doigts de la main droite, tandis que la main gauche tient le manche et appuie sur les cordes.
Depuis le début du XXe siècle, Liu Tianhua et d'autres musiciens et compositeurs ont amélioré et développé les techniques d'exécution de cet instrument et en ont enrichi le programme. 
(Voir video en fin de l'article)  

Une démonstration de pipa solo par la virtuose Liu Fang
cliquez sur : http://fr.youtube.com/watch?v=GDiVQXz3bX0
     

Instruments à vent
 

 

Le corps sonore des instruments à vent chinois est généralement en bambou ou en bois. Ces instruments peuvent se diviser en trois catégories : le xiao et le di, par exemple, sont caractérisé par la résonance du tube creux provoquée par le courant d'air insufflé par l'embouchure. La deuxième catégorie est caractérisée par la résonance du tube creux provoquée par le courant d'air insufflé par le bec, comme le suona (sorte de hautbois) et le guanzi. La troisième catégorie est caractérisée par la résonance du tube creux provoquée par le courant d'air traversant les anches, comme le sheng (orgue à bouche) et le bawu.
Comme le principe de leur sonorisation est différent, les instruments à vent sont variés et donnent toutes sortes de timbres qui leur sont propres.
 
Suona (hautbois chinois) 

suona.jpg

   
Sous les Jin (265-420), le suona était déjà un instrument de musique courant dans la région du Xinjiang. Il reste l'un des instruments les plus répandus. Il se produit en solo ou avec d'autres instruments. Il accompagne les représentations théâtrales et les spectacles de chants et de danses.
Grâce à son volume énorme et à son timbre aigu et argentin, le suona convient pour l'exécution de morceaux de musique animés, chaleureux et grandioses. Il peut exécuter une cadence de haute technicité et imiter les cris d'oiseaux et d'insectes.
Le suona est constitué par un tube conique de bois, percé de 8 trous (sept sur l'avant et un sur l'arrière). Il est muni à l'extrêmité supérieure d'un tube en cuivre surmonté d'un bec de roseau et à l'extrémité inférieure d'un amplificateur en cuivre semblable à une trompette.
Une démonstration de Suona :
    
Sheng (orgue à bouche)
 

sheng.jpg

 

Le sheng est un instrument composé d'un certain nombre de petits tuyaux en bambou munis d'une anche en cuivre à leur extrémité inférieure et plantés dans une sorte de bol fait en calebasse, en bois ou en cuivre. Il est muni d'une embouchure par laquelle on souffle, tandis que les doigts des deux mains ouvrent ou ferment les trous percés dans les tuyaux. La vibration de l'anche et la résonance du tuyau produisent des sons.
Depuis le milieu du XXe siècle, les musiciens ont rénové le sheng en lui ajoutant, par exemple, une anche et un clavier. La technique d'exécution a évolué. Le sheng est maintenant utilisé dans l'accompagnement et l'interprétation avec d'autres instruments ou en solo.
Dans l’imaginaire chinois, la forme du sheng rappelle les ailes du phénix. Pour cela, il faut que la longueur et la disposition des tuyaux respectent une certaine proportion ... qui ne correspond pas à la longueur nécessaire pour produire un certain son ! Une échancrure dans la partie supérieure du tuyau dissocie la longueur réelle de la longueur utile. Enfin, sur les dix-sept tuyaux présents sur les modèles les plus courants, quatre ne sont pas sonores et ne servent qu’à équilibrer l’instrument.
L’orgue à bouche dans sa forme ancienne (à deux rangées parallèles de tuyaux) survit encore parmi les minorités ethniques chinoises et les populations tribales installées dans les régions reculées du Viêt-nam, du Laos, de la Birmanie, de la Thaïlande, de Bornéo, jusqu’en Assam et au Bangladesh. Il est plus rustique que le sheng chinois, car les musiciens le fabriquent avec les matériaux à leur disposition : bambou pour les tuyaux, bambou ou laiton pour les anches, bois, ivoire ou même courges séchées pour le réservoir. Ces modèles sont souvent assez grands (le khen laotien peut être construit en 3 mesures, dont le plus grand peut comptrer des tuyaux longs de 3 mètres). Ils participent à la plupart des fêtes et restent donc très populaires chez ces peuples.
Le jeu soliste est possible mais difficile et il est donc peu pratiqué. Les doigtés sont particulièrement complexes et une grande maîtrise du souffle est nécessaire. Toutefois, plusieurs effets sont possibles, comme le trémolo qui est produit par l’alternance rapide entre inspiration et expiration. Un effet de glissando est également possible quand on débouche lentement un trou, mais seulement sur certaines notes aiguës.
Il existe quelques grands spécialistes en Chine qui ont su créer un répertoire de soliste pour leur instrument. En général, le sheng n'est guère remarqué, car il produit une espèce de fond sonore. De plus, le visage du musicien est caché par l’instrument 

Une démonstration de Sheng solo 


cliquez sur : http://fr.youtube.com/watch?v=wlvDiyyZq-o
     
Instruments à percussion
Il y a en Chine une grande variété d'instruments à percussion, dont les techniques d'exécution sont également très variées. Ils servent à marquer le rythme et à se produire en groupe. Ils contribuent à faire ressortir le contenu et les péripéties du théâtre et à accentuer la force expressive de la musique. Ils font partie de l'orchestre chinois.

Ils sont divisés en cuivres (comme les gongs grands et petits, les cymbales et les clochettes) ; les bois (comme le ban, le bangzi et le muyu)  et les tambours (tambours, tambourins et tambours en patte d'éléphant). 

   
Et pour finir un ensemble d'instruments chinois :
Cliquez sur : http://fr.youtube.com/watch?v=Mdo_RGQ-BxQ
     

Etude réalisée par Pierre Caspar   

     
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Published by caspar
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commentaires

LMC 09/03/2016 11:39

La chine dispose vraiment d'instruments particuliers qui produisent des musiques absolument magnifiques ! Merci pour cet article c'est intéressant d'en savoir plus à leur sujet !

Yves 24/01/2014 10:05

C'est magnifique de suivre l'évolution de la musique en Chine et de découvrir tous ces instruments typiques de la culture asiatique. Merci pour cet article.

Ninou 24/08/2011 18:13


Avant aujourd'hui, j'ignorais encore tout de la musique chinoise. Article très enrichissant, merci beaucoup! Après l'avoir lue, je suis devenue presque une passionnée de musique chinoise :D


Pierre Caspar 25/08/2011 08:37



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